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lundi 24 octobre 2016

La "Divine "... Greta Garbo (18 septembre 1905 - 15 avril 1990).


Surnommée « la Divine », elle a tourné son dernier film en 1941. Federico Fellini dit d'elle qu'« elle fut la fondatrice d'un ordre religieux appelé cinéma ».
En 1999, Greta Garbo est classée à la cinquième place dans le classement AFI's 100 Years... 100 Stars établi par l'American Film Institute.

Citations...

"On a parlé d'une liaison entre nous. Ce fut plus que cela. J'avais remis mon destin entre ses mains..." A propos de Mauritz Stiller.

"Jamais je n’oublierai la chaleur de son corps, la simplicité de son amour, sa sagesse, son attitude à la fois amicale et délicate envers moi." A propos de l'actrice Marie Dressler.

"En songeant à cette période, je me rends compte que ma relation avec elle ne m’a pas apporté seulement une nouvelle expérience sexuelle et la paix de l’esprit, mais qu’avant tout, elle m’a permis de jouer plus tard le rôle de cette grande souveraine que fut la Reine Christine de Suède. Jamais je n’aurai pu supporter le poids d’un tel rôle sans la confiance et le soutien indéfectible de quelqu’un comme Mercedes." A propos de la poète et artiste Mercedes de Acosta.

"Quand ils m’ont proposé le rôle dans « La Chair et le Diable », j’ai refusé et suis restée chez moi, cloîtrée, ne voulait plus parler à personne. Ce fut le scandale. Finalement j’ai accepté à contre-cœur sous peine d’une rupture de contrat."

"Sur le tournage, dans les scènes amoureuses, il m’embrassait avec passion, lèvres entrouvertes, et, dans un souffle, me parlait mariage. Ses baisers et ses caresses me faisaient beaucoup d’effet [...] Il n’est pas amoureux de moi. Il cherchait simplement à me démontrer qu’aucune femme ne pouvait lui résister. Je plains celles qui s’y sont laissées prendre !"

"Je décidai de ne jamais revenir devant la caméra. Je savais que mes films avaient crée ma propre légende. Désormais, il m’appartenait de défendre cette légende. Je me suis juré de ne jamais offrir au public une seule ride sur mon visage." Après l'échec de son film "La femme au deux visages"." 1941

"Les mondanités m’accablent, et puis mon anglais est encore trop rudimentaire pour saisir toutes les subtilités des conversations, pour peu qu’elles soient subtiles ! Je suis sans cesse sur le qui-vive, je crains de manquer quelque chose d’important dans ce flot rapide. Il est encore trop tôt pour moi : je me suis à peine implantée dans l’univers du cinéma. Je suis une funambule sur le fil du rasoir." Théâtre Magazine - 1925 (ou 1926 ?).


"Je n’ai pas vu grand-chose du monde. J’ai été assez naïve pour penser que je pourrais voyager sans être découverte et pourchassée. Pourquoi ne peut-on éviter d’être suivie et surveillée ? Pour moi, cette traque tue toute la beauté des choses : les gens aiment Anna Karenine, Anna Christie, La Reine Christine, pas la Greta Garbo que vous voyez maintenant."



Le 18 septembre 1905, une petite fille naquit à Stockholm sur l'île de Södermalm. Ses parents lui donnèrent le nom de Greta Lovisa Gustafsson. Qui aurait pu penser qu'un jour, cette jeune enfant deviendrait la femme la plus connue du monde entier? Une femme que chacun connaît sous le nom de Garbo.



A l'âge de 14 ans, le père de Greta Garbo meurt et la jeune fille est obligée de quitter l'école et de trouver un travail pour aider sa famille . Elle obtint un travail à Stockholm dans un magasin de publicité et peu de temps après, le magasin se servit du look unique de Garbo pour ses campagnes publicitaires. Peu de temps après , on remarqua dans un journal Garbo faisant une courte publicité pour le magasin, cela lui donna le goût pour le cinéma. Ensuite, lorsqu'elle apparut dans un autre petit film, un directeur lui proposa une petite participation dans sa production de Peter Le Vagabond (1922). Peu après, la jeune Greta reçut une bourse d'études pour étudier à l'Ecole d'Art Dramatique de Stockholm.







En 1924, Garbo fit une longue pause quand le renommé directeur Mauritz Stiller lui offrit un rôle dans son film «La saga de Gösta Berlings». Vu le succès de leur film. Garbo et Stiller se virent offrir un contrat avec la MGM en Californie. Son premier film fut «Le Torrent» Garbo devint alors une des plus grandes stars des films muets avec également «Love» et «Intrigues». C'est aussi dans les premières années hollywoodiennes que Garbo fut sur le point de se marier. A la dernière minute, elle quitta le futur marié John Gilbert devant l'autel en 1927. Elle ne se mariera jamais mais les rumeurs et les spéculations à propos de sa vie amoureuse continuèrent pendant des années.





























Le talent de Garbo fut révélé à l'avènement du parlant. Chacun connaissait le look de Garbo mais comment était sa voix et pouvait-elle parler anglais ? Hollywood trouva la réponse en 1930 quand elle interpréta un petit rôle dans le film «Anna Christie». Son look de Divine fut maintenant accompagné par une voix grave et séduisante.  Lorsqu'elle prononça une des premières lignes du film («Donne moi un whisky et ne sois pas radin, chéri!») Le monde tomba sous le charme. Anna Christie fit de Garbo une star du parlant et lui valut une nomination aux Oscars pour le rôle de la meilleure actrice.














S'en suivit une série de films à succès comme Grand Hôtel, La Reine Christine, Anna Karenina et Le Roman de Marguerite Gautier (ce dernier film lui offrit son autre nomination aux oscars) qui, à jamais, lui -seront associés. En 1939, Garbo fit sa première comédie, Ninotschka . Ce fut un hit au box office et lui valut encore une autre nomination aux oscars. La MGM, avait trouvé une nouvelle façon de vendre une des plus grandes stars du monde par la comédie. En 1941, Garbo fit une autre comédie «Femme aux deux visages» ce film sera le dernier.































































































































Après les années hollywoodiennes, Garbo déménagea à New York City. EN 1951. elle devint citoyenne américaine et en 1954, elle reçut finalement un oscar (une nomination spéciale pour ses performances inoubliables). A plus de 30 ans, elle faisait partie de la jet-set avec quelques-unes des personnalités les plus connues du monde entier et bien qu'elle n'avait pas tourné un film depuis «La Femme aux deux Visages», l'intérêt du public resta indéfectible. Les paparazzis qui la suivaient faisaient courir des, rumeurs constantes (plus fausses que vraies)d'un retour éventuel au cinéma. Garbo nous laissera une réflexion plus tard: "L'histoire de ma vie: c'est des sorties par derrière, des portes de côté, des ascenseurs secrets afin qu'on me laisse tranquille." La star la plus célèbre du monde devint également la recluse la plus célèbre du monde.


























La santé de Garbo déclina dans les années 80 et le 15 avril 1990, elle décéda de mort naturelle à New York. En juin 1999, sa dépouille fut enterrée au cimetière de Skogskyrkogarden à Stockholm.



Les films muets...

Peter le vagabond (Suède 1922) - Greta Pettersson
La Légende de Gosta Berling (Suède 1924) - Comtesse Elisabeth Dohna
La Rue sans joie (Allemagne 1925) - Greta Rumfort
Le Torrent (Etats-Unis 1926) - Leonora Moreno est La Brunna
La tentatrice (Etats-Unis 1926) - Elena
La Chair et le Diable (Etats-Unis 1926) – Félicitas
Love (Etats-Unis 1927) - Anna Karénine
La Femme Divine (Etats-Unis 1928) - Marianne
La belle Ténébreuse (Etats-Unis 1928) - Tania fedorova
Intrigues (Etats-Unis 1928) - Diana Merrick
Furness Terre de Volupté (Etats-Unis 1929) - Lillie Sterling
Le Droit d'Aimer (Etats-Unis 1929) - Arden Stuart Hewlett
Le Baiser (Etats-Unis 1929) - Madame Irène Guarry



























































































































Greta Garbo et le couturier de la MGM Adrian, 1929, photos promotionnelles pour le film The Single Standard.









































Les films parlants...

Anna Christie (Etats-Unis 1930) - Anna Christopherson est Anna Christie
Romance (Etats-Unis 1930) - Madame Rita Cavallini

L'Inspiratrice (Etats-Unis 1931) - Yvonne Valbret
Susan Lennox (Etats-Unis 1931) - Helga est Susan Lenox
Mata Hari (Etats-Unis 1931) - Mata Hari
Grand Hôtel (Etats-Unis 1932) Madame Grusinskaya est Elisabeth Alexandrowna Grusinskaya
Comme tu me veux (Etats-Unis 1932) Zara est Maria Varelli
La 'Reine Christine (Etats-Unis 1933) - La Reine Christine de Suède
Le Voile des lllusions (Etats-Unis 1934) - Katrin Koerber Fane
Anna Karénine (Etats-Unis l 935) - Anna Karénine
Le Roman de Marguerite Gautier (Etats-Unis 1936) - Marguerite Gautier
Marie Walewska (Etats-Unis 1937) - Comtesse Marie Walewska
Ninotchka (Etats-Unis 1939) -Nina Ivanovna Yakuschowa
La Femme aux deux visages (Etats-Unis 1941) - Karin Borg Blake est Katherine Borg 











































































































































Nom Original
Greta Lovisa Gustafsson

Le saviez-vous ?

Lorsque Greta signa un contrat d'actrice avec La Société Svenk Filmindustrie en juillet 1923, c'est alors qu'elle changea son nom Gustafon (avec un "S" en moins). C'etait une orthographe plus contemporaine. Comme sa fille, Anna Lovisa suivra L' idée de Greta d'utiliser cette nouvelle orthographe pour son nom aussi.

Surnom.
GG, Garbo, Gurra et Kata

Kata était son surnom pendant sa jeunesse mais aussi à la fin de sa vie, il fut utilisé par sa famille et ses amis.

Gurra était le surnom que ses amis de l'Académie Royale du théâtre dramatique lui avait donné.

Le nom "Gurra" est apparente au nom "Gustav".

Greta était connue comme “le visage”, La princesse de l'éternité et Le sphinx suédois.

Date de naissance.
Le 18 septembre 1905

Lieu de naissance.
Stockholm , Suède (maternité de l'hôpital de Södra)

Heure de naissance.
Un Lundi à 19h30

Son signe astral
Vierge

Sa religion.
Chrétienne (évangéliste)

Le 19 septembre 1905, Greta fut baptisée par le Pasteur Hildebrand.

Greta à l'école.
Elle alla à l'école “Katarina Sodra FolksKola” en Suède, la 1ère fois en 1922.

Son 1er travail.
Elle avait 6 ans lorsqu'elle travailla pour la première fois comme vendeuse de journaux.

Ses héros de jeunesse.
La star de l'opéra Suédois Naima Wifstrand et un boxeur danois ainsi que le chanteur Carl Brisson furent ses premiers héros.

Endroits où elle vécut.
Södermalm (Stockholm/Suède)-Jeunsesse et adolescence
Brentwood (Beverly Hills/Californie/Etats-Unis)-Une de ses maisons des “années hollywoodiennes”
450 East 52 Street/New-York (Etats-Unis de 1953 à 1990
Les Gustafson vivaient dans un petit appartement trios pièces à Södermalm.

Date de sa mort.
Le dimanche de Pâques. 15 avril 1990

Lieu où elle mourut.
A l'Hôpital de New-York aux Etats-Unis

Suite à ses volontés, le corps de Greta fut incinéré.
Le corps de Greta fut incinéré en Avril 1990.

Greta fut enterrée au cimetière de Skogskyrkogarden à Stockholm en Suède en 1999.

La Mère de Greta.




Sa mère s'appelait Anna Lovisa Karlson, elle mourut en 1944 à New-York aux Etats-Unis.
L'explication de la mort de sa mère est fausse. Anna Gustafson n'est pas morte en californie mais à West Chester New-York. Assistée non par Garbo mais par sa belle-fille, Marguerite Baltzer Gustafsson.

Le Père de Greta.






Son père s'appelait Karl-Alfred (Kalle) Gustafson, il mourut de néphrite en Suède en 1920.

Le Frère de Greta.


Son frère s'appelait Sven Gustafson, né le 26 juillet 1898, il mourut en 1964.

Sven aussi, fit quelques films sous le nom de Sven Garbo.

La Soeur de Greta.



Sa soeur s'appelait Alva Maria Gustafson, née le 20 septembre 1903 et décédée en 1926.

Alva mourut d'un cancer des glandes lymphatiques en 1926.

Depuis des années, il est rapporté qu'elle mourut de tuberculose. D'autres sources écrivirent qu'elle mourut d'un cancer,
en effet, les membres de sa famille expliquèrent que cela s'était aggravé par un coup qu'elle aurait reçu à la poitrine par
un petit ami très brutal.

La couleur de ses cheveux et de ses yeux
Garbo avait les yeux bleus et les cheveux blonds foncés (couleur naturelle).

Dans ses “années Hollywoodiennnes”, elle décolora ses cheveux et les permanenta souvent.

Pour “Le Torrent” Garbo autorisa son styliste à colorer ses cheveux en noir, une couleur plus appropriée à une diva espagnole.

Ses mensurations.
35½  -28-33½ (selon le couturier de MGM ADRIAN)

Le poids et la taille de Garbo.
1,68m et 56kg (selon Photoplay 1936)
1,68 à l'adolescence et 1,71m à l'age adulte (J. Bainbridge)
1,71m et 57kg (selon la biographie 1955)
1,72m (selon Gray Reisfield le 15 juillet 1991)

Gréta, à la naissance, mesurait 52 cm et pesait 3,5 kg.

Sa couleur favourite
Le rose et l'abricot 

Sa bisexualité...

Garbo a gardé sa vie privée hors des feux de la rampe. Selon les lettres privées dont la publication a été autorisée en Suède en 2005 pour marquer le centenaire de sa naissance, elle était enfermée sur elle-même et assez dépressive. 
Cependant les studios d'Hollywood ont imposé une image "propre" et au besoin inventé des épisodes présentables.

Ces lettres privées prouvent également que Greta Garbo est restée célibataire aux Etats-Unis en raison d'un amour homosexuel pour l'actrice suédoise Mimi Pollak. Les lettres personnelles de Garbo indiquent qu'elle est restée amoureuse de Pollak pour le reste de sa vie. Quand Pollak a annoncé elle était enceinte, Garbo a écrit : "Nous ne pouvons pas aider notre nature, qui est comme Dieu l'a créée. Mais j'ai toujours pensé que nous serons toujours liées, vous et moi"

Mimi Pollak et Greta Garbo.



Son rapport hétérosexuel plus célèbre était avec l'acteur John Gilbert. Ils ont tenu le premier rôle ensemble pour la première fois dans Flesh and the Devil, cependant quand un mariage a été finalement prévu en 1927, elle ne s'est pas rendue à la cérémonie

Son biographe Barry Paris note "qu'elle était techniquement bisexuelle, principalement lesbienne, et de plus en plus asexuelle au fil des années". Elle a été également liée de façon plus ou moins platonique avec les actrices Marlene Dietrich, Claudette Colbert, Joan Crawford, , Louise Brooks, Ona Munson, avec l'auteur Salka Viertel.

En juin 1931, Garbo fait la connaissance chez son amie Salka Viertel, de Mercedes de Acosta qui devient alors sa maîtresse. Une relation longue et instable s'installe de 1931 à 1944. Ensuite, elles entretiendront une relation amicale qui s'achèvera en 1960, date à laquelle de Acosta publiera sa biographie "Here lies the heart" dans laquelle elle révèlera sa relation intime avec Garbo.

Mercedes de Acosta.




Anecdotes.

En 1954, Garbo obtint un oscar d'honneur pour ses performances inoubliables à l'écran. 

Au début des années 30, Garbo avait deux chats qu'elle appelait Laurel et Hardy.

Elle ne s'est jamais mariée.

L'acteur John Gilbert lui demanda sa main par deux fois. 

En 1950, Garbo est reconnue comme la plus belle femme dans le livre Guinness des records. 

Quand Greta signa son contrat de 3 ans avec la MGM le 26/08/25, on se rendit compte qu'elle n'avait pas 21 ans, elle dut, à son arrivée à Culver City, ratifier le contrat à l'aide d'une autorisation  maternelle. 

Lors de la parution de la revue "Vanity Fair" contenant un des portraits de Greta par Arnold Genthe,   une grande compagnie cinématographique la chercha partout dans New-York pour lui offrir un  contrat (la légende de la photo était "Greta Garbo, la nouvelle Etoile du Nord" ). 

Lorsque Mauritz Stiller mourut, il tenait à la main un des portraits de Greta de Arnold Genthe. 

André Ani, costumier prinipal de la MGM, déclara que Greta Garbo se plaignait en disant "Toutes ces robes ...j'aimerais autant qu'elles soient comme des sacs pour sauter dedans sans complication!" 

Lorsqu'elle chercha une nouvelle maison, elle tomba sur l'ancienne demeure de Charlie Chaplin,  aperçevant dans sa bibliothèque un orgue de Barbarie, elle s'écria "mais tout est mécanique ici...  comme Charlot".

Ce qui décida Garbo à accepter un rôle parlant, fut la promesse de Mayer que pour son film suivant Anna Christie (version allemande) que Salka Viertel obtiendrait un rôle. 

Jean Cocteau admirait si fort Greta Garbo, qu'il avait écrit le rôle d'Elisabeth des Enfants terribles en pensant à elle. Il aurait aimé l'avoir pour interprète dans son film (l'Aigle à deux têtes). 

Greta avait un chien (un petit chow chow) nommé Flimsy ainsi qu'un perroquet nommé Polly. 

Greta Garbo était l'exactitude même! Maquillée, coiffée ayant revêtu la robe correspondant au numéro envisagé et connaissant parfaitement son texte quand le tournage commençait.

A l'exception de Charlie Chaplin, qui détenait lui-même les droits sur les films, Garbo aura été la "Star la plus chère célèbre d'Hollywood". 

 Le salaire de Garbo...

La duchesse de Langeais (1950) - 50.000 $ (non réalisé)

La Femme aux deux visages (1941) - 150.000 $
Ninotschka (1939) - 125.000 $
Marie Walewska (1937) - 500.000 $
Le Roman de Marguerite Gautier (1936) - 500.000 $

Anna Karénine (1935) - 275:000 $
Le Voile des Illusions (1934) - 250.000 $
La Reine Christine (1933) - 250.000 $
Grand Hôtel (1932) - 7.000 $ par semaine
Mata Hari (1931 ) - 7.040 $ gar semaine

La Chair et le Diable (1926) - 600 $ par semaine
Le Torrent (1926) - 400 $ par semaine

La Rue sans Joie (1925) - 15.000 couronnes suédoises par semaine
La Légende de Gösta Berling (1925) - 3.000 couronnes suédoises par semaine

Comment ne pas s'habiller (1920) - 10 couronnes par jour (film publicitaire) 

Karl Alfred Gustafsson, son père
Il était  journalier. On le disait tour à tour balayeur de rue, éboueur, videur de tinettes et travailleur agricole.
Souvent alcoolique, il adorait Greta. Il meurt en 1920 à l'age de 48 ans, Greta n'avait que 14 ans...

Anna Lavisa Karlsson, sa mère.

Elle était femme de ménage et couturière non professionnelle pour les gens de son quartier.
Elle était semble-t-il à moitié folle et battait Greta.
Lorsque la deuxième guerre mondiale éclata, Greta a demandé à sa mère (ainsi qu'a son frère et a sa belle soeur) de la rejoindre en Amérique. Mais elle tombe malade et meurt en 1940

Sven, son frère.

Né en 1900, lorsque son père meurt, c'est lui qui aidera la famille à s'en sortir financièrement avec son emploi dans une sucrerie. Aujourd'hui décédé, c'est sa fille Gray Reisfield, qui a hérité de Garbo.

Alva, sa soeur.

Née en 1904, elle était parait-il plus jolie que Greta. Elle avait débuté au cinéma dans un film suédois "Deux rois". Elle meurt précocement à l'âge de 21 ans d'une tuberculose. Greta apprend la nouvelle alors qu'elle tourne son deuxième film américain "La tentatrice".


Mauritz Stiller, son mentor...

Greta Garbo en compagnie de Mauritz Stiller (1925) en route pour les États-Unis.





Né en 1883 à Helsinki en Finlande, il émigre en Suède et  réalise 46 films entre 1912 et 1924. Metteur en scène Suédois (d'origine Finlandaise) de renom, il réalisa de grands films muets dont trois chefs d'oeuvre : "Le trésor d'Arne" (1919), "Erotikon" (1920) et "Le vieux manoir" (1923).
Il a la réputation d'être un homme superstitieux, perfectionniste, tyrannique et exigeant. On lui connaissait alors des aventures homosexuelles notamment avec ses secrétaires particuliers. Nils Ashter avouera plus tard avoir eu une aventure avec lui.



Stiller découvre Garbo grâce au directeur de l’académie royale d’art dramatique (Gustav Molander). Malgré les vingt-deux années qui les séparent, il finit par tomber sous le charme et devient son Pygmalion. Subjugué par son visage, il est déterminé à faire d'elle une véritable star.


Il lui offre un rôle dans le film "La légende de Gosta Berling". Moje (véritable nom de Stiller). Il a des rêves pleins à la tête pour sa dulcinée mais ayant des problèmes d'argent, il "autorise" la jeune Greta à tourner pour le cinéaste Georg Wilhelm Pabst en Allemagne, le temps d'un film "La rue sans joie". Il accompagne alors sa protégée mais sa présence dérange Pabst car il se montre irritant et critique. De plus, il a peur qu'elle signe un contrat avec lui.

En voyage à Stockholm, Louis B. Mayer (vice président de la MGM) ébloui par le dernier film de Stiller, tient absolument à engager Stiller et à le ramener aux Etats Unis. Mais Stiller exige aussi un contrat pour sa protégée. Obstiné, il l'obtiendra.

Les deux contrats en mains, il compte poursuivre ses rêves en réalisant des films avec sa belle mais Hollywood ne supporte pas ses  exigences et son inadaptation aux méthodes imposées par le système hollywoodien. Première déception, il ne dirigera pas Garbo dans son premier film américain, "Le torrent". La malchance le poursuit, on lui retire la réalisation du film "La tentatrice" où Garbo l'avait pourtant exigé (il fut remplacé au bout de  10 jours de  tournage). Il tourne alors quelques films pour une autre compagnie : la Paramount. Mais, consterné par le manque de reconnaissance de la part des studios, retourne en Suède, laissant Greta entre les bras de J. Gilbert (dont elle est tombée amoureuse entre temps) et surtout continuer sa carrière pendant deux ans, il a  toujours  espoir qu'elle revienne en Suède.

John Gilbert et Greta Garbo.





C'est au cours du tournage de "Terre de volupté", en 1928 que Garbo reçoit un câble émis de Stockholm lui apprenant la mort de son maître, décédé à l'hôpital, une photo de Greta à  son chevet. Il avait 45 ans...

Stiller aura été pour Garbo un véritable mentor tel Josef Von Sternberg pour Marlene Dietrich. C'est lui qui lui enseigna les techniques cinématographiques, l'a aidé à apprendre ses textes au début de sa carrière, l'oblige à maigrir, lui apprend à se tenir et à  se comporter envers la presse, les gens...  Il l'a façonné, Garbo s'est laissé hypnotiser. Sa rencontre avec lui a été la plus déterminante pour son choix de  carrière

De toutes les «stars qui ont scintillé au firmament de Hollywood, aucune n'a atteint l'éclat incomparable de Greta Garbo. Elle a quitté le cinéma depuis quarante ans et le public, jeune ou vieux, dès que son nom est évoqué, est fasciné par l'énigme de son étrange destin. Au sommet de sa gloire, après avoir tourné en seize ans vingt-quatre films, elle s'en est détournée, choisissant volontairement le silence et l'oubli, qu'elle n'a jamais d'ailleurs réussi à trouver.

Deux écrivains, Frederick Sands et Swen Broman ont entrepris de briser ce mur du silence. «La Divine» a accepté de les rencontrer. Leurs longues conversations, et l'enquête qu'ils ont menée en Amérique et dans toute l'Europe, dégagent la véritable personnalité, étrange et attachante, de Greta Garbo. «Match» publie, en exclusivité, les pages les plus révélatrices de cette enquête.

Après avoir abandonné le cinéma, Greta Garbo a passé près de trente-huit 
ans à fuir les photographes qui étaient devenus son cauchemar.


Elle passe ses
journées à marcher, à lire, à attendre…
“Je ne sais vraiment pas quoi”...

"J'ai rencontré Greta Garbo à Klosters dans les Alpes suisses, non loin de Davos, où elle passe deux mois chaque été. Elle a choisi Davos car c'était là qu'habitait son amie Salka Viertel, qui était devenue impotente. Greta avait fait alors l'acquisition d'un petit appartement près du centre de la ville. Salka Viertel est morte, mais Garbo demeure fidèle à ses habitudes. 
«Le destin m'a enchaînée ici» constate-t-elle d'une voix morne. Elle passe ses journées à marcher, à lire, à attendre… «Je ne sais vraiment pas quoi». Elle a une terrasse de huit mètres cinquante sur laquelle elle fait quotidiennement 45 minutes de gymnastique et de jogging avant le petit déjeuner et elle fait généralement deux longues promenades par jour. Sa santé serait excellente, si elle n'avait une faiblesse des vertèbres qui la fait souffrir parfois. La peur d'une rechute de son mal de dos la hante et elle se soigne assidûment. Elle souffre aussi d'insomnie et de fatigue, troubles qui ont à coup sûr une origine nerveuse. 
Malgré l'attention qu'elle porte à sa santé, elle n'est plus obsédée comme par le passé par «l'alimentation naturelle». A Klosters, juste avant la fermeture des magasins à midi et par conséquent à l'heure où ils sont vides, elle se glisse chaque jour chez l'épicier en face de chez elle, y fait des achats très modestes, pour ne pas dire maigres: quelques fruits, une salade, quelquefois des pâtes. «Vous devriez voir comment je mange et ce que je mange, m'a-t-elle dit. Je ne sais pas du tout faire la cuisine et je suis beaucoup trop paresseuse pour ouvrir un livre de recettes.» 
Quand elle quitte le Suisse, Greta, qui a aujourd'hui soixante-quatorze ans, rejoint New York. Quand elle avait abandonné Hollywood, au début des années 1940, elle s'était d'abord installée au Ritz Tower Hotel, puis au Hampshire House. 
Après la guerre, elle avait acheté un appartement de sept pièces dans un immeuble de la 52 e Rue Est, dominant l'East River. Cet appartement est depuis devenu son pied-à-terre new-yorkais. Jadis élégant et encore beau, l'immeuble souffre aujourd'hui des injures du temps et de la négligence. Il y a des fissures dans le marbre de la façade. Lors d'une récente visite, le portier n'était pas rasé, son uniforme luisant avait besoin d'être repassé. Le seul moyen d'entrer, si l'on n'a pas une clef, est d'appeler le locataire, par un interphone dans l'entrée, pour qu'il ouvre la porte intérieure par le moyen d'un système électrique. Les autres occupants ont leur nom et le numéro de leur logement sur un tableau à côté de l'interphone; celui de Garbo ne porte qu'un simple «G». L'ascenseur s'arrête directement à la porte de son appartement. Les voisins et le personnel de l'immeuble la traitent avec un respect généralement réservé aux familles royales. Ils ne lui adressent pas la parole, à moins qu'elle ne le fasse la première, ils ne sourient pas, à moins qu'elle ne leur sourie. 
Son appartement, clair et aéré, est peint en rose. Elle n'a pas de domestique à demeure, rien qu'une femme de ménage deux fois par semaine. Sur les sept pièces, quatre sont condamnées en permanence. Elle n'utilise que la chambre, un grand living-room et une petite pièce donnant dans l'entrée. Contre l'un des murs du living-room en équerre, il y a une grande cheminée et des étagères couvertes de vieux livres reliés de cuir; sur un autre, des tableaux sont accrochés du sol au plafond. 
La vie quotidienne de Garbo à New York varie peu. Vers dix heures du matin, elle met un manteau et un chapeau à larges bords tiré sur les yeux, des lunettes noires, et se promène dans son quartier de L'East Side sans but précis. «Je sors et je suis des gens, je vais où ils vont. Je traîne, simplement», a-t-elle dit à une amie. Le temps n'a pas calmé sa peur d'être reconnue et ses toilettes sont si modestes qu'on peut dire qu'elle se déguise. 
Quand elle n'est pas invitée à déjeuner, elle fait quelques courses pendant sa promenade matinale – se permettant de temps en temps une petite boîte de caviar – et prend ses repas seule chez elle. 
Après déjeuner, elle fait une sieste d'une heure, en emportant au lit les journaux du jour. Vers la fin de l'après-midi, elle ressort; elle regarde les vitrines et passe dans des galeries, mais achète rarement. De temps en temps, elle visite le musée d'Art moderne où elle était devenue l'amie d'Allen Porter, le conservateur du département du cinéma. Parfois, elle lui demandait d'organiser une projection privée d'un de ses films. C'est à Porter que Garbo a révélé qu'elle n'avait jamais dit: «Je veux être seule.» Elle lui a expliqué: «J'ai seulement dit que je voulais qu'on me laisse tranquille.» Leur amitié a cessé brusquement quand Garbo a découvert que Porter avait répété cette petite information sacrée à la presse.


Greta Gustaffsen tourne en Suède à dix-huit ans, en 1923, son premier film, 
«La légende de Gosta Berling», sous la direction de Mauritz Stiller.

Elle coupe court 
à toutes les conversations touchant 
à sa carrière passée...

Le soir, Garbo reste le plus souvent chez elle devant la télévision. Aux rares réunions mondaines auxquelles elle assiste aujourd'hui, elle coupe court à toute conversation touchant même de loin, sa carrière passée. «C'est comme si elle n'avait jamais existé», observe une de ses amies. 
Elle n'aime pas vivre à New York, m'a-t-elle confirmé au cours de nos rencontres à Klosters. «Oui, bien sûr, il y a de bons théâtres et l'Opéra, mais comme je ne sors pas le soir, à quoi cela me sert-il? Je pourrais aussi bien vivre sur une île déserte. Je ne tiens en place nulle part et j'ai toujours été ainsi. Alors cela ne changera pas, où que j'aille.» 
Avec résignation, elle a ajouté: «Alors à quoi bon?» 
Elle voit la vie en noir. Elle emploie constamment dans sa conversation le mot allemand «verwahrlost», qui veut dire négligé, souillé, dépravé. «Alles ist verwahrlost» dit-elle plusieurs fois par jour, à propos de n'importe quoi, du temps qu'il fait ou des affaires internationales. 
«Le monde entier est «verwahrlost», m'a-t-elle dit. Pourquoi les hommes les plus intelligents de tous les pays ne peuvent-ils se réunir et utiliser leur cerveau pour en faire un monde paisible? Pourquoi doit-il toujours y avoir des troubles et de la tension quelque part? Ach, alles ist verwahrlost.» Elle s'est souvent plainte à moi de la solitude et de l'ennui, parlant de sa «vie gâchée» et, pourtant, elle a toujours résolument résisté à tout engagement dans une quelconque activité charitable, durant sa longue vie solitaire. Elle m'a un jour avoué que cette interminable retraite, qui a alimenté pendant des années la presse et les commentaires mondains, elle ne l'avait pas vraiment souhaitée. Après la guerre, elle espérait bien faire sa rentrée à Hollywood. Elle avait promis à Louis B. Mayer de revenir s'il trouvait un bon sujet pour elle et la M.G.M. créa en 1945 une équipe spéciale dont la seule tâche était de rechercher des scénarios intéressants. Deux ans plus tard, quand Garbo eut rejeté tous les scénarios – sans exception – envoyés par le studio, Louis B. Mayer implora son amie Salka Viertel d'intervenir et de lui amener Garbo pour essayer d'arranger les choses. Mais Garbo estimait qu'une rencontre était inutile s'il n'y avait pas de sujet à sa convenance. A son retour d'un voyage en Suède après la guerre, en 1947, elle dit aux journalistes: «Je n'ai pas de projets, ni pour le cinéma ni pour autre chose. J'erre, simplement.»

Pendant quelques années, elle espéra faire une rentrée fracassante. Marie Curie, Anna Lucasta, Sarah Bernhardt ou George Sand furent toutes suggérées comme rôles possibles. Les projets et les scénarios lui paraissaient toujours imparfaits et, à toutes les pressions, Garbo répondait par ces mots: «J'ai fait assez de grimaces.» 
Au cours de nos conversations, elle se montra toujours très libre dans ses propos. «Je fuis toujours quelque chose ou quelqu'un», me dit-elle spontanément un jour. «Subconsciemment, j'ai toujours su que je n'étais pas faite pour un bonheur réel et durable.» 
Pourtant, à travers nos entretiens successifs, je compris l'idée que se faisait Garbo d'une «vie heureuse»: une petite maison à la campagne, avec une cheminée «pour s'asseoir et rêver», une cuisine simple et un ami sûr à ses côtés qui ne parlerait pas trop et n'interviendrait pas dans ses pensées. Elle rêve d'être comprise sans avoir parlé, d'être libre de faire ce qu'elle veut sans avoir besoin d'excuses ni d'explications. 
Mais Garbo elle-même a dressé des barrières insurmontables entre elle et cette «vie heureuse». L'isolement qu'elle s'est imposé, sa constante recherche de la solitude, sa méfiance des autres lui ont apporté peu d'amis. 
La Garbo que j'ai rencontrée fuit toujours à la vue d'inconnus et, de son propre aveu, la plus célèbre légende vivante du monde mène une vie solitaire et malheureuse. Quand je lui ai demandé si elle était heureuse d'être de retour en Europe, elle m'a répondu: «Heureuse, qu'est-ce que c'est? Je ne l'ai jamais été.» Elle éveille la pitié et la compassion.

En 1964, Garbo se rend en vacances en France 
avec le milliardaire George Schlee qui va mourir 
soudainement dans sa chambre, à l'Hôtel Crillon.

Greta paraîtrait 
plus brillante, vêtue d'un sac, que les 
autres femmes en zibeline...

Son enfance a été assombrie par la pauvreté; adulte, elle n'a connu ni foyer ni vie de famille. Détestant la vie casanière sous toutes ses formes, elle n'a jamais voulu de foyer permanent, préférant habiter l'hôtel ou des maisons louées. 
Pendant qu'elle me parlait, je ne pouvais m'empêcher de regarder avec attention son visage – considéré autrefois comme le plus beau du monde – et l'aisance de ses gestes. 
C'est une personne très simple, naturellement, et jamais elle ne tente d'impressionner une nouvelle connaissance. Mais aussi, elle n'en a pas besoin: personne ne peut s'approcher de Garbo sans respect craintif et elle doit bien le savoir. Elle exagère sa simplicité de vêtements et de manières. Elle sait qu'elle peut paraître plus brillante vêtue d'un sac que la plupart des femmes en zibeline et elle préfère les pantalons et les chandails aux toilettes élégantes créées pour elle par les grands couturiers de New York. 
Malgré la cordialité de Greta Garbo, il m'a paru évident qu'elle gardait sa vie intérieure aussi secrète qu'il y a cinquante ans. Il est probable que jamais personne n'a vraiment compris sa tournure d'esprit. Elle n'est pas intellectuelle et elle a toujours été gênée de son manque d'instruction, mais elle possède une bonne intelligence naturelle. Un de ses amis a dit: «Greta aurait fait une très bonne psychothérapeute. Elle a sa propre forme magique spéciale de thérapeutique. On ne a constamment conscience, en sa compagnie.» 
Au cours de mon séjour en Suisse, j'ai pu constater qu'elle ne répondait jamais au téléphone, à moins qu'elle attende à une heure prévue l'appel d'une personne à qui elle veut parler. Même lors, on ne peut pas dire qu'elle «répond» au téléphone; elle se contente de décrocher et attend que son correspondant parle le premier. Pour le non-initié, c'est passablement inquiétant, mais ses amis connaissent son habitude et s'y résignent. Une fois la conversation engagée Garbo parle aussi longuement – ou aussi brièvement – que cela lui convient. Cela peut aller de trente secondes à une demi-heure, selon son humeur. En lui disant bonsoir, à la fin d'une conversation téléphonique, j'ai ajouté une fois, innocemment: «Dormez bien.» Elle me l'a immédiatement reprochée. «Ne dites pas ça! Bonsoir suffit. Je suis pleine de tabous. Maintenant, je ne vais pas fermer l'œil de la nuit en pensant à bien dormir.» 
Un jour, après que nos relations fussent devenues de plus en plus amicales, elle m'a demandé de l'accompagner faire des achats à Saint-Moritz, à trois heures de route de Klosters.

Elle a longuement parlé du projet; elle savait dans quels magasins elle voulait aller, où nous déjeunerions. La conversation dévia sur les voyages en général et je lui ai parlé d'un coin au bord de la mer, près d'Athènes, où je venais de passer des vacances. Cela l'a intéressée et elle a dit: «Dans ce cas, Sandy, allons là-bas plutôt qu'à Saint-Moritz.» Le lendemain matin, elle avait changé d'idée sur les deux destinations: «Il y aura peut-être trop de monde.» 
Alors, nous avons été faire des achats à Davos, où elle a examiné des pantalons, des chandails et des écharpes dans une dizaine de magasins. Elle fait souvent du lèche-vitrines mais, en général, elle est trop timide pour entrer. Cette fois, n'étant pas seule, elle avait plus d'assurance. Dans certaines boutiques, elle était reconnue, dans d'autres non. Après avoir beaucoup hésité, elle a fini par acheter un chemisier bleu marine et des bas de laine. Elle a fait ses achats dans le magasin où on faisait le plus grand cas d'elle. Quand nous sommes enfin allés prendre un café, elle m'a dit: «Je n'ai pas l'habitude d'acheter aussi vite. J'espère que je ne me suis pas trompée.» 
Bien que Garbo aime voyager et soit naturellement libre maintenant d'aller où elle veut quand elle le veut, elle est prisonnière de ses craintes. Le voyage en train de Klosters à Davos dure vingt-cinq minutes; il a fallu deux ans à Garbo pour se décider enfin à le faire. Comme nous passions devant la gare de Davos, elle m'a dit qu'elle avait souvent voulu faire ce voyage mais qu'elle n'en avait pas eu le courage. «Bien souvent, je suis allée à la gare et j'ai fait demi-tour au dernier moment. Dieu sait combien de billets j'ai pris, mais à chaque fois que le train entrait en gare, j'avais peur et je m'en allais. Il m'a fallu deux ans pour que je m'y aventure enfin pour la première fois.»


John Gilbert et Greta tournent ensemble «La chair et le diable» à 
Hollywood. Ils sont des amants fougueux à l'écran comme à la ville.

“Je resterai 
célibataire, disait-elle en 1928. Je ne me vois 
pas en épouse… vilain mot”...

Elle a peur de la foule et d'être reconnue. Par conséquent, chaque fois qu'elle projette un voyage, elle doit prendre une décision difficile. 
Si elle part sous son nom, elle sera traitée en personnalité, ce dont elle a horreur. Si elle voyage sous un faux nom, elle sera exposée à la foule, à l'agitation, à tous les inconvénients et les mésaventures des voyageurs ordinaires. Son dos l'empêche de soulever des objets lourds et comme elle risque de ne pas trouver de porteur… Bref, voilà pourquoi elle voyage peu. 
Aujourd'hui, elle préfère sincèrement son isolement qui, après tout, ne lui a pas été imposé mais créé par sa propre volonté. Sa timidité n'est pas feinte et elle veut réellement être seule dans un monde de rêve de son choix. C'est sa manière de s'évader des réalités d'une vie où elle a trouvé peu de joies. 
Garbo ne s'est jamais mariée. En 1928, alors qu'elle n'avait pas encore vingt-trois ans, elle écrivit de Hollywood à son ami Lars Saxon: «Je pense au moment où je pourrai m'établir en paix chez moi. Alors, Lars, nous aurons nos soirées de célibataires et nos verres. Parce que je vais probablement rester célibataire. Je ne me vois pas en épouse… vilain mot.» 
Mais il y a eu des hommes dans la vie de Garbo et aucun n'a joué un rôle plus décisif ni laissé une marque plus durable que Mauritz Stiller. C'est à lui qu'elle doit d'être devenue une grande star. Bel homme, grand et mince, aux traits rugueux, avec des cheveux drus et des sourcils broussailleux, il avait un talent brillant et des manières théâtrales. A trente-huit ans, il était un des grands metteurs en scène suédois quand Greta Gustaffsen, âgée de quinze ans mais brûlant du désir de devenir actrice, vint le voir au printemps de 1920. Trois ans plus tard, elle apparut dans une production de Stiller, «La légende de Gosta Berling» et, à la fin de juin 1925, ils prirent tous deux le bateau pour New York, première étape du triomphe de Garbo… et du déclin de Stiller. 
Démoralisé en voyant que Hollywood ne savait pas apprécier ni comprendre son art et sa technique, il retourna en Suède en 1927, laissant sa protégée à Hollywood. Quand il mourut, le 8 novembre 1928, il n'avait que quarante-cinq ans. Il tenait entre ses mais une photo de Garbo. 
Garbo vénérait Stiller. Il lui avait tout appris, depuis la façon de tourner la tête jusqu'à sa manière d'exprimer l'amour ou la haine. Elle obéissait à ses moindres caprices. Elle vivait selon les plans de Stiller. Il lui disait quoi dire et quoi faire et elle obéissait.

La véritable nature de leurs rapports a été le sujet de bien des conjectures et des suppositions. 
Lars Saxon, qui avait été le partenaire de Garbo dans «La légende de Gosta Berling» et qui était un vieil ami du metteur en scène, déclarait: «Je les voyais toujours ensemble mais je ne pensais pas que Stiller avait pour Garbo un intérêt autre que strictement professionnel et ça s'arrêtait là, à mon avis.» 
Victor Sjostrom, metteur en scène suédois qui travaillait déjà à Hollywood quand Stiller et Garbo y arrivèrent, était d'un autre avis: «Pendant un certain temps au moins, Stiller a été amoureux de Garbo et elle de lui. Ils me l'ont dit eux-mêmes.» Nils Asther, un acteur suédois ami du couple, soutient la thèse de Sjostrom. Il était à Hollywood et tournait dans «Wild Orchids» avec Garbo quand le câble annonçant la mort de Stiller fut remis à l'actrice sur le plateau. «Elle est restée là, debout, la tête dans ses mains, sans pouvoir y croire. Quelques jours plus tard, Garbo a quitté secrètement Hollywood pour New York et elle est descendue sous un faux nom à l'hôtel Commodore, où Stiller et elle avaient passé leurs premiers mois en Amérique. «Je ne pourrai plus jamais être avec lui, disait-elle, alors je veux au moins revivre son souvenir.» Oui, elle l'aimait beaucoup, quoique je ne croie pas que l'amour physique ait joué un rôle déterminant.» 
Il est fort probable que non. Comme plusieurs des hommes de Garbo, Stiller était homosexuel. 
A la mort de Mauritz, Garbo fut comme un bateau sans gouvernail. Elle était ahurie, perdue, terriblement seule. Pendant plusieurs années, elle continua de parler de lui comme s'il était vivant, en l'appelant par son diminutif: «Moje». La plus bruyante des aventures de Garbo à Hollywood fut sa liaison avec son partenaire John Gilbert, qui avait été appelé «le parfait amant de l'écran». La blonde Garbo de vingt et un ans et le beau Gilbert de vingt-neuf – cheveux de jais, yeux de braise et dents éblouissantes – se rencontrèrent sur le plateau de «La chair et le diable» en 1926. Avant Garbo, John avait été deux fois marié et divorcé.

La publicité 
inspirée par ses moindres 
faits et gestes la 
terrifiait...

Il était la plus grande vedette masculine du muet, gagnant 10 000 dollars par semaine, encore plus que Rudolph Valentino. Décrit comme un homme hardi, fougueux, téméraire, Gilbert fut considéré par la M.G.M. comme le partenaire idéal pour la Suédoise froide et réservée. En les accouplant, on ne pouvait douter du succès. Il n'était plus besoin que d'une histoire d'amour suffisamment intense. On estima que «La chair et le diable», où Garbo jouait une femme adultère passionnée et Gilbert son amant, serait un choix idéal. Pour ajouter du piment à leur roman de l'écran, et pour aiguiser l'appétit du public, la M.G.M. publiait régulièrement des bulletins sur la progression de leur liaison. 
Clarence Brown, le metteur en scène, déclara: «J'obtiens les meilleures scènes d'amour de ma carrière parce que je travaille avec de la matière première. Ils sont dans cet état de béatitude amoureuse qui ressemble tant à un nuage rose qu'ils s'y croient cachés et perdus.» 
Toute hyperbole et publicité à part, les rapports amoureux entre eux étaient réels. Pendant le tournage de «La chair et le diable», Garbo et Gilbert devinrent de plus en plus «bons amis» et elle allait souvent chez lui à Beverly Hills. Il la surnommait «Flecka» – une petite déformation du mot suédois «flicka» qui veut dire «fille» - et elle l'appelait Jacky, en prononçant naturellement Yacky. Ils faisaient ensemble de longues promenades en voiture et pique-niquaient dans la montagne. Il ne faisait pas de doute qu'il était follement amoureux d'elle. 
Pendant les deux années où ils tournèrent ensemble, Gilbert demanda à plusieurs reprises à Garbo de l'épouser mais elle refusa. Elle écrivit à Lars Saxon: «Je suppose que tu as lu dans les journaux des histoires sur moi et un certain acteur. Mais je ne vais pas me marier. Ils sont fous de nouvelles sensationnelles, alors ils me sont tombés dessus.» La publicité et les potins inspirés par leurs moindres faits et gestes la terrifiaient. 
Malgré tout, plus d'une fois, Gilbert crut réellement qu'ils se marieraient. Il prépara même tout pour cela avec lune de miel dans le Sud-Pacifique à bord d'un yacht baptisé «The Temptress» (La Tentatrice). Mais alors que l'instant crucial approchait, Garbo prit ses jambes à son cou. Plus tard, le courage lui revint et elle parut prête à partir avec lui. Ils foncèrent en voiture jusqu'à Santa Ana où ils allèrent tout droit au bureau des mariages.

Mais une fois de plus Garbo eut peur au dernier moment et s'enferma dans les toilettes d'un hôtel voisin. Après cet incident, Gilbert renonça à ses tentatives. 
Quand on l'interrogea sur leur liaison intermittente et les chances d'un mariage, Gilbert répondit rageusement au journaliste: «Elle dit qu'elle se mariera si je la laisse quitter le cinéma. Elle prétend avoir horreur de jouer la comédie, avoir horreur de Hollywood et de tout ce qu'il contient. Elle veut acheter la moitié du Montana ou de n'importe quel Etat inhabité et la transformer en ferme, pour y faire pousser du blé et élever des enfants. Franchement, je ne veux pas épouser une Suédoise idiote pour cultiver du blé et avoir des gosses à des lieues de toute civilisation.» 
Une autre fois, un peu plus calmement, Gilbert se plaignait que Garbo «retenait toujours quelque chose, gardait une partie d'elle-même, même dans l'amour». «C'était dur», conclut-il.
La fin de leur liaison coïncida avec le dernier d'une série de trois films qu'ils tournèrent ensemble,«A woman of affairs», présenté en 1929. Gilbert se hâta de chercher des consolations ailleurs. La même année, il épousa une autre actrice bien connue, Ina Claire. Peu après, Garbo confia à une amie: «Il n'y a jamais eu d'amour entre nous. Je me demande ce que je lui trouvais. Je suppose qu'il était beau garçon.» 

Une étoile commémorative à son nom (et à sa renommée) a été posée sur le Hollywood Walk of Fame à Los Angeles (USA) face au 6901 Hollywood Boulevard.








Sources :
Cinetom Archives, Frederick Sands et Swen Broman de Paris Match et Documents personnels.

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