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dimanche 23 juin 2013

La Mélodie du bonheur (Titre original : The Sound of Music), 1965.

 Le Sacre de Julie...





Un an après le triomphe de Mary Poppins, Julie Andrews reprend du service en jouant les gouvernantes tyroliennes dans l'adaptation d'un spectacle à succès. Genèse d'un film culte.






A sa sortie en 1965, La Mélodie du Bonheur rend des millions de gens heureux, à commencer par son interprète principale. Julie Andrews, dont c'est seulement le troisième rôle au cinéma, pouvait déjà s'enorgueillir d'avoir propulsé Mary Poppins en tête du box-office l'année précédente. Et voilà qu'elle réitère cet exploit avec La Mélodie du Bonheur...



Dirigée par Robert Wise, le réalisateur de West Side Story, l'actrice confirme dans cette comédie musicale " alpestre" qu'elle est dotée non seulement d'une belle voix, mais aussi d'un fort charisme. Mais si le succès du film lui doit beaucoup, il ne repose évidemment pas sur ses seules épaules.

 Robert Wise.





La mise en scène de Robert Wise, en particulier, apporte à cette histoire un brin désuète une fantaisie et un dynamisme communicatifs. Et le cinéaste, comme il l'avait fait pour le West Side de New York, tire habillement parti des paysages grandioses du Tyrol, dont il fait presque un personnage à part entière.

 Richard Rogers et Oscar Hammerstein.




Quant aux chansons de Richard Rogers et Oscar Hammerstein, elles sont si entraînantes qu'elles sont devenues depuis longtemps des classiques. Au point qu'il n'est nul besoin d'avoir vu le film pour fredonner un air comme Do ré mi...

La Mélodie du Bonheur...

Afin de mettre à l'épreuve sa foi, une jeune nonne quitte son couvent du Tyrol pour devenir gouvernante dans une riche famille. Si les rapports entre le capitaine von Trapp sont d'abord tendus, Maria se fait rapidement aimer de ses enfants, à qui elle fait découvrir les joies de la musique...

Un tel scénario a beau sembler très romanesque, il est pourtant adapté d'une histoire vraie. Celle de Maria Kutschera, jeune femme qui se destinait à devenir bénédicte avant de faire la connaissance de la famille von Trapp. Son autobiographie a d'abord inspiré un film allemand sorti en 1956, lequel a donné l'idée à des producteurs de Broadway d'en tirer une comédie musicale.


Maria Augusta von Kutschera




Maria Augusta von Kutschera est née dans un train en route pour Vienne le 25 Janvier 1905. Sa mère est morte quand elle avait environ deux ans et Maria a grandi avec une mère adoptive (une vieille cousine de son père) dans une petite maison à la périphérie de Vienne. Elle a subi une éducation très stricte, sans autres enfants autour. Elle a passé cinq ans dans une école primaire, suivie de trois ans dans une école secondaire et quatre ans dans un collège d'enseignants de l'Etat.

Elevée comme une socialiste et athée, son attitude a radicalement changé quand elle est allée écouter un concert de Bach,  dans l' église du collège. Un prêtre bien connu, le Père Kronseder, a commencé à prêcher et Maria fût subjuguée par ce qu'il disait.. Une rencontre avec ce prêtre a changé la vie et la foi de Marie.


Maria a rejoint l'abbaye de Nonnberg à Salzbourg pour devenir nonne. Il a été décidé que Maria devrait quitter le couvent pendant un an pour aller à la Villa Trapp pour travailler comme gouvernante pour la fille du capitaine, qui était au lit avec de la fièvre rhumatismale.




Après la première année, les enfants ont demandé à leur père de faire quelque chose pour que leur gouvernante reste. Ils ont même suggéré qu'il devait l'épouser. «Je ne sais même pas si elle m'aime!" avait été la réponse du capitaine. Donc , les enfants sont allés lui demander . Comme Maria a dit: «Oui, je le veux», ils se sont mariés . Elle n'est jamais revenue à l'abbaye et a épousé le capitaine le 26 Novembre 1927.



Basé sur des chansons écrites spécialement par le tandem Rogers et Hammerstein, le spectacle connaît un triomphe à New York en 1959.

Remake du remake...

Avec ses mille cinq cent représentations à Broadway, La Mélodie du Bonheur avait toutes les chances d'attirer l'attention d'Hollywood. C'est la Twenty Century Fox qui en achète les droits, et le cinéaste William Wyler se lance en 1964 dans la préparation du projet.

Mais suite à des désaccords sur le ton à donner au film, celui-ci est remplacé par Robert Wise, qui est encore auréolé du succès de West Side Story. Le réalisateur se tourne d'ailleurs vers le scénariste de ce film pour adapter le spectacle musical à l'écran : Ernest Lehman est considéré à l'époque comme l'un des meilleurs auteurs d'Hollywood, après avoir participé à des chefs-d'oeuvre comme Sabrina et La Mort aux trousses. 
Quant aux chansons de Rogers et Hammerstein, elles seront bien sûr conservées dans le film.

De Mary à Maria...



Le rôle de Maria était tenu à Broadway par la vedette Mary Martin, mais la Fox préfère engager une actrice plus connue du grand public - et de préfèrence capable de chanter.

Le nom de Julie Andrews surgit donc rapidement, mais celle-ci hésite à accepter : elle vient de triompher dans Mary Poppins, et trouve le personnage de Maria trop proche de celui de la nurse anglaise. Mais elle finit tout de même par se laisser convaincre.



Christopher Plummer est ensuite choisi pour incarner le capitaine von Trapp, et Eleanor Parker , la baronne.








La jeune Mia Farrow passe une audition pour le rôle de Liesl, mais se voit préférer Charmian Carr.




Robert Wise tient par ailleurs à offrir le rôle de Soeur Sophia à la chanteuse Marni Nixon, qui avait doublé Natalie Wood dans West Side Story (ainsi que Deborah Kerr dans Le Roi et moi, et Audrey Hepburn dans My Fair Lady), sans jamais apparaître elle-même à l'écran.



L'air des alpages...

Du haut de ses montagnes autrichiennes, Maria envoie un message d'espoir et de joie aux enfants du monde entier...



Robert Wise tenant à tourner un maximum de scènes sur les lieux mêmes de l'action, l'équipe du film s'installe à Salzbourg pour plusieurs semaines. Grâce aux moyens confortables mis à disposition par la Fox, les montagnes du Tyrol deviennent alors le décor de multiples ballets.

Pour les acteurs, danser en plein air s'avère harassant, et lors du tournage du célèbre plan d'ouverture, Julie Andrews a bien du mal à se tenir droite malgré le souffle de l'hélicoptère qui la filme...





Mais les prises de vue se terminent sans problème majeur au début de l'été 1964, et La Mélodie du Bonheur sort sur les écrans américains en mars 1965.






Le succès est tel que les chansons de Rogers et Hammerstein vont non seulement devenir de grands classiques dans le monde entier, mais le film sera le plus rentable de toute l'histoire du cinéma américain après Autant en emporte le vent et la Guerre des étoiles.

Danseurs et Chorégraphes :

La danse du bonheur...

Les chorégraphies de La Mélodie du Bonheur sont signées par Marc Breaux et Dee Dee Wood. Le premier débute en 1948 comme danseur dans Kiss me Kate, spectacle joué trois ans à Broadway.






Tout en poursuivant sa carrière sur scène, il devient l'assistant du metteur en scène et chorégraphe Michael Kidd.
Les sept cent représentations du spectacle Li'l Abner scellent leur collaboration, tandis que Dee Dee Wood, devient la compagne de Breaux. Tous trois travaillent à nouveau ensemble pour Destry Rides Again, avant que Kidd ne pousse le couple à chorégraphier la pièce Do-Re-Mi.

C'est alors que Walt Disney leur fait une offre inattendue : mettre au point les numéros dansés de Mary Poppins. Marc et Dee Dee s'en tirent avec brio, et le numéro Chim-Chim-Cheree est même applaudi à la première.

Suite à l'immense succès du film, le couple accompagne Julie Andrews à Salzbourg pour les chorégraphies de La Mélodie du Bonheur - film qui connaît aussi un triomphe.

Viendront ensuite Le plus heureux des milliardaires (1967) et Huckleberry Finn (1974). Chorégraphe en 1978 du dernier film de Mae West, Sextette, Marc et Dee Dee recevront en 1998 un Oscar pour l'ensemble de leur carrière.





Titre original : The Sound of Music
Titre français : La Mélodie du bonheur
Réalisation : Robert Wise
Scénario : Ernest Lehman d'après la comédie musicale de Howard Lindsay et Russel Crouse et les mémoires de Maria Augusta Trapp
Photographie : Ted McCord et Paul Beeson (séquence d'ouverture en vue aérienne)
Montage : William Reynolds
Son : James Corcoran, Fred Hynes (en)
Direction artistique : Boris Leven (en)
Décors : Walter M. Scott, Ruby R. Levitt (en)
Costumes : Dorothy Jeakins
Maquillage : Ben Nye (en)
Coiffures : Margaret Donovan
Chorégraphie : Marc Breaux, Dee Dee Wood
Lyrics : Oscar Hammerstein II, Richard Rodgers
Musique : Richard Rodgers
Direction musicale et arrangements : Irwin Kostal
Production : Robert Wise ; Saul Chaplin (en) (producteur associé)
Société de production : Robert Wise Productions, Twentieth Century Fox
Société de distribution : Twentieth Century Fox
Langue : anglais
Format : Couleurs (DeLuxe) - 65 mm (Todd-AO) - 2,20:1 - Stéréo 6 pistes magnétiques (Westrex Recording System)
Copies 35 mm - 2,35:1 (Cinemascope) - Son mono/stéréo
Durée : 174 minutes (2 h 54)
Dates de sortie :
 États-Unis : 2 mars 1965 (première à New York), 10 mars 1965 (sortie nationale)
 France : 17 février 1966.



Distribution :

Julie Andrews : Maria von Trapp
Christopher Plummer : Le capitaine Georg von Trapp
Bill Lee : Le capitaine von Trapp (chant)
Charmian Carr : Liesl von Trapp
Nicholas Hammond : Friedrich von Trapp
Heather Menzies : Louisa von Trapp
Duane Chase : Kurt von Trapp
Angela Cartwright : Brigitta von Trapp
Debbie Turner : Marta von Trapp
Kym Karath : Gretl von Trapp
Daniel Truhitte (en) : Rolf
Eleanor Parker : La baronne Elsa Schraeder
Richard Haydn : Max Detweiler
Peggy Wood : La Mère supérieure
Margery McKay : La Mère supérieure (chant)
Anna Lee : Sœur Margaretta
Portia Nelson : Sœur Berthe
Marni Nixon : Sœur Sophia
Evadne Baker : Sœur Bernice
Ben Wright : Herr Zeller
Norma Varden : Frau Schmidt
Gilchrist Stuart : Franz
Doris Lloyd : La baronne Ebberfeld.


Récompenses :


Oscar du cinéma Oscars 1966 : Meilleur film, Meilleur réalisateur (Robert Wise), Meilleur son (James Corcoran et Fred Hynes), Meilleur montage (William Reynolds) et de la Meilleure adaptation musicale (Irwin Kostal)
Directors Guild of America Award 1966 : Meilleure réalisation pour Robert Wise et Ridgeway Callow (assistant réalisateur)
Golden Globes 1966 : Meilleure actrice dans un film musical ou une comédie (Julie Andrews)
Laurel Awards 1966 : Meilleure œuvre et Meilleure prestation féminine musicale pour Julie Andrews

Nominations :

Oscars 1966 : Meilleure actrice (Julie Andrews), Meilleure actrice dans un second rôle (Peggy Wood), Meilleure direction artistique (Boris Leven, Walter M. Scott, Ruby R. Levitt), Meilleure photographie (Ted McCord) et Meilleurs costumes (Dorothy Jeakins)
BAFTA Awards 1966 : Meilleure actrice britannique pour Julie Andrews
Golden Globes 1966 : Meilleur réalisateur (Robert Wise) et Meilleure actrice dans un second rôle.




Sources personnelles.

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