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lundi 18 mars 2013

Jeux interdits - 1952.





"Je ne peux pas dire que je pensais que je réalisais un chef-d’œuvre mais ce dont je suis sûr que je peux dire vraiment, c’est que je savais que je tournais quelque chose qui était très important pour moi, et le film a failli ne pas se terminer. Il s’est achevé dans des conditions dramatiques. Il est sorti dans des conditions tout aussi dramatiques. On en voulait beaucoup au producteur qui l’avait fait. On essayait de l’achever et en l'achevant lui, on achevait mon film…. J’ai littéralement terminé «Jeux interdits» comme on sort un malade du lit en ayant peur qu’il ne meure dans la seconde qui suit."


Au cours de l'Exode de 1940 en France, un convoi de civils est mitraillé. Paulette, cinq ans, perd ses parents et se met à errer dans la campagne, serrant dans ses bras le cadavre de son chien. Dans les bois, elle rencontre Michel, un garçon de dix ans, qui l'emmène vivre dans la ferme de ses parents. Réticent au début, le père de Michel accepte l'arrivée de Paulette (plus par peur que les voisins: les Gouard, ennemis jurés, ne le fassent et en tirent une quelconque gloire, que par charité).
Paulette enterre discrètement le petit chien, mais Michel devine rapidement son geste, et à deux ils se mettent à créer des sépultures pour tous les animaux morts qu'ils découvrent : rats, crapauds, poussins, etc. Michel ne trouve pas très réussies les croix qu'il fabrique et les deux enfants entreprennent de voler les crucifix qu'ils trouvent: sur le corbillard, à l'église, au cimetière.



André Wasley : Monsieur GouardTitre : Jeux interdits
Réalisation : René Clément
Assistants réalisateur : Léonard Keigel, Claude Clément, Pierre Kast, René Albouze, Robert Turlure
Scénario : Jean Aurenche, Pierre Bost et René Clément, d'après le roman Les Jeux inconnus de François Boyer
Maquillage : Paule Déan
Montage : Roger Dwyre
Musique : pièces de Robert de Visée, Napoléon Coste, Jean-Philippe Rameau, etc. arrangées et interprétées à la guitare par Narciso Yepes
Photographie : Robert Juillard
Affichiste : Clément Hurel
Production : Silver Films
Producteur : Robert Dorfmann
Pays d'origine : France
Format : Noir et blanc - 1,37:1 - Mono
Genre : drame, guerre
Durée : 86 min
Tous publics
Date de sortie : 9 mai 1952









Distribution :


Georges Poujouly : Michel Dollé
Brigitte Fossey : Paulette
Amédée : Francis Gouard
Laurence Badie : Berthe Dollé
Madeleine Barbulée : Soeur à la Croix-Rouge
Suzanne Courtal : Madame Dollé
Lucien Hubert : Monsieur Dollé
Jacques Marin : Georges Dollé
Pierre Merovée : Raymond Dollé
Violette Monnier
Denise Perronne : Jeanne Gouard
Fernande Roy
Louis Saintève : Prêtre

René Clément et Brigitte Fossey.



 Pour le choix du rôle de la petite Paulette, c’est à Nice, dans une salle ou étaient réunies 150 petites filles que la femme de René Clément, Bella, influença fortement son mari pour engager une petite fille (Brigitte Fossey) alors âgée de 5 ans et demi. En effet le réalisateur qui était d’abord très réticent pour l’auditionner à cause de son très jeune age se rendit compte qu’au bout de quelques essais il était finalement plus facile de diriger une fille de 5 ans plutôt qu’une de 9 à 11 ans comme il l’avait dûment désiré et demandé dans une annonce d’un journal  (Une anecdote racontée par l’actrice Brigitte Fossey, d’après ses mémoires lors d’un entretien télévisé ).












La bande originale du film est choisie et interprétée par le guitariste Narciso Yepes qui a fait un léger arrangement de diverses partitions. La mélodie la plus célèbre Jeux interdits est depuis devenue un classique de l'apprentissage de la guitare.

Narciso Yepes.



 La mélodie originale, Romance anonyme se trouvait déjà dans le film de Rouben Mamoulian "Arènes sanglantes", onze ans auparavant. De compositeur longtemps resté inconnu, elle pourrait être attribuée à Fernando Sor ou à Matteo Carcassi.

Fernando Sor.


Matteo Carcassi.




 Cette dernière controverse a été mise en lumière par la revue Guitare Classique N° 52 de mars-mai 2011. 

La Romance aurait été écrite par Narciso Yepes lui-même en cadeau pour sa mère.

Ce sont les vrais parents de l'actrice Brigitte Fossey qui interprètent les parents de Paulette.

Le succès du film est tel que Brigitte Fossey est présentée à la reine Élisabeth II du Royaume-Uni en février 1953.

L'écriture de "Jeux Interdits" par Jean Aurenche et Pierre Bost est évoquée dans le film Jean Aurenche, écrivain de cinéma (2010).


Oscar du meilleur film étranger en 1952.

Lion d'or à la Mostra de Venise 1952.

BAFTA du meilleur film (1954).


Le film suscita une immense émotion, probablement parce qu'il n'y avait pas de façon plus frappante que de montrer la guerre, et ce qu'elle engendre, à travers des regards d'enfants. L'interprétation de Brigitte Fossey, dont c'était la première apparition à l'écran, y est pour beaucoup. Son naturel, sa sensibilité, sa sincérité touchante prouvent à quel point elle fut admirablement dirigée par son metteur en scène. La direction d'acteurs n'était d'ailleurs pas une des moindres qualités de René Clément.

Née à Tourcoing en 1946, elle fut choisie parmi beaucoup d'autres enfants de son âge pour incarner le rôle de Paulette. Son jeu intense et dramatique impressionna le public et la critique et il vrai qu'elle porte le film de façon extraordinaire pour une si petite fille. Eloignée des studios le reste de son enfance et durant son adolescence par ses parents, elle renoua avec le cinéma en 1966 en acceptant le rôle romantique d'Yvonne de Galais dans "Le grand Meaulnes"de Jean-Gabriel Albicocco, inspiré du roman d'Alain-Fournier,  ensuite sa carrière ne cessa de s'approfondir au cinéma comme à la télévision( Le château des oliviers ) et au théâtre.


Quant à Georges Poujouly, qui interprétait avec une gravité étonnante le petit Michel de "Jeux interdits",il naquit à Garches en 1940 et mourut d'un cancer en octobre 2000. Remarqué par René Clément lors d'un casting, il obtint, par la suite, des rôles assez secondaires dans "Nous sommes tous des assassins" de Cayatte et "Ascenseur pour l'échafaud" de Louis Malle et fit des apparitions à la télévision dans divers feuilletons, dont "Par quatre chemins"( 1967 ), aux côtés de Marlène Jobert.




3 commentaires:

  1. Il faudrait que je le revoie, je ne l'ai pas vu depuis une éternité. Je me souviens juste que j'avais trouvé la fin très triste, mais c'est tout.
    Merci.

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  2. C'est dommage , il est repassé dimanche sur ARTE. Merci.

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    1. Je n'étais pas au courant, on ne me dit rien...

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