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mercredi 6 février 2013

Martine Carol ( 16 mai 1920-6 février 1967).

Hommage à Martine Carol, décédée le 6 février 1967.

Martine Carol, de son vrai nom Marie-Louise Jeanne Nicolle Mourer est une actrice française née le 16 mai 1920 à Saint-Mandé (Val-de-Marne) et morte le 6 février 1967 à Monte-Carlo (Monaco).



« Je me souviens que Christian-Jacque divorça d'avec Renée Faure pour épouser Martine Carol. »
— Georges Perec, Je me souviens.

Cecil Saint Laurent disait que quiconque n’avait jamais assisté à l’arrivée de Martine Carol quelque part ne saurait jamais ce que le mot “popularité” voulait dire.



Dès sa prime jeunesse, Martine Carol née à St-Mandé le 16 mai 1920 (de son vrai nom Marie-Louise Jeanne Mourer), avait rêvé de cinéma. Aussi abandonna-t-elle très vite ses études pour monter à Paris et suivre les cours d'art dramatique de Roland Manuel et de René Simon. Gason Baty la découvre chez ce dernier et la fait débuter sur scène à l'occasion d'une tournée en province.

Ensuite, elle décroche des figurations au cinéma sous le nom de Maryse Arley, notamment dans « Le dernier des six » et « Les inconnus dans la maison », puis des petits rôles dans quelques films aujourd'hui bien oubliés, avant de connaître la gloire avec le personnage de Caroline Chérie, son rôle-fétiche, issu de l'imagination de Cecil St Laurent. Dès cet instant, Martine Carol sera considérée comme l'actrice la plus piquante du cinéma français et enchaînera avec une série de films faisant davantage appel à ses charmes.




L’acteur André Luguet, immense star de l’époque, l’incite à faire du théâtre et à prendre des cours. Il la retrouvera bien des années plus tard lorsque, personnifiant Louis XV, elle incarnera sa «Madame Du Barry» (1954).
Clouzot remarque la jeune artiste. Elle tourne pour lui dans un film inspiré de l’œuvre de Colette, «La chatte». Mais nous sommes sous l’Occupation et le film, frappé par la censure, ne sortira jamais.


La voici bientôt embarquée dans la piteuse aventure de «La fleur de l’âge» qui doit se tourner à Belle-Ile en mer, avec ses collègues Arletty et Anouk Aimée. Mais une tempête magistrale empêche l’équipe de débarquer ! Le bateau fait le tour de l’île toute la nuit en attendant une accalmie propice à un accostage sans danger. Les visages sont verts, décomposés par les événements … Sauf celui d'Arletty qui, fraîche comme une rose, tombe amoureuse de l’île et y achète une petite maison ! Pour «La fleur de l’âge», véritable film maudit, les ennuis ne font que commencer … Ruinée, la production jette le gant après la noyade d’une figurante.




Martine Carol retrouve ses camarades du cours Simon. François Périer lui décroche un petit rôle à ses côtés dans «La ferme aux loups» (1943), dont la vedette est Paul Meurisse. Son ami décide qu’elle s’appellera Martine Carol.


Suivront également, «Le dernier des six» (1941) et «Les inconnus dans la maison» (1942) : juste un mot ou deux, certes, mais dans les mêmes distributions que Pierre Fresnay ou Raimu !

Martine a vite compris qu’un peu de publicité ne nuit pas. Elle se fait retoucher le nez et en parle beaucoup. Devenue une “vedette”, comme on disait à l’époque, elle se fabrique de film en film un personnage de petite parisienne blonde, jolie comme un cœur, coquette, capricieuse, délurée et bonne fille, avec des décolletés prometteurs et le fameux petit nez en trompette !


En 1946, elle décroche un petit rôle dans «Miroir», au côté de Jean Gabin. L’acteur tente d’oublier Marlène Dietrich, rentrée seule à Hollywood après l’échec de «Martin Roumagnac», premier et unique film du couple. Il aura une courte liaison avec Martine, avant “d'enchaîner” avec la belle Maria Mauban.





 Martine joue au théâtre dans «La route au tabac» et chaque soir son partenaire, Charles Moulin (l'amant de la femme du boulanger), la bat comme plâtre sur scène pour “faire vrai”. Epuisée, elle se jette dans la Seine du haut du pont de l’Alma, sous les yeux du chauffeur de taxi qui l’a amenée et qui la sauve d'un sort cruel. L'affaire s'est déroulée à deux pas du domicile de Georges Marchal dont elle est éprise, jeune premier viril à la mode, mais celui-ci lui préfère Dany Robin.

Elle tourne régulièrement en France, mais gagne les Etats-Unis à la suite d’une très curieuse proposition : John Ringling North la veut pour son cirque !




Au cours de cette tournée, elle rencontre le beau Steve Crane. Double ex mari de Lana Turner, leur premier mariage ayant été annulé.Le mariage est célébré en 1948.

Martine rentre en France pour tourner, dans «Caroline chérie» (1950), une réalisation de Richard Pottier d'après le roman de Cécil Saint-Laurent. Elle offre au public quelques scènes dénudées (dont une dans laquelle elle est doublée par Nadine Tallier, future baronne de Rothschild !!!) dans une ambiance pseudo-révolutionnaire. En véritable état de grâce, Martine “est” Caroline. Le film triomphe littéralement.




En 1953, Christian-Jaque prépare un film à sketches, «Adorables créatures».Entre le réalisateur et la jolie femme se produit ce qu'il est convenu d'appeler un “coup de foudre”. Mais  le nouveau couple devra attendre quatre ans avant de pouvoir convoler, Le 15 Juillet 1954.

Sous sa direction, elle devient magique, tenant ses meilleurs rôles dans ses meilleurs films. Jamais on ne l’avait aussi bien dirigée au cinéma. Martine vole de rôle en rôle, de triomphe en triomphe … Elle “est” successivement «Lucrèce Borgia» (1953), «Madame Du Barry» (1954), «Nana» (1955).








Elle travaille avec Sacha Guitry (pour l'un des innombrables petits rôles de "Si Versailles m’était conté" en 1953, mais sa scène est coupée au montage et elle n'est pas créditée au générique), Abel Gance (Austerlitz en 1960), René Clair, Terence Young, Vittorio De Sica, etc. Elle donne la réplique à Gérard Philipe, Raf Vallone, Charles Boyer ou encore Vittorio Gassman.
En 1955, Lola Montès de Max Ophüls lui attire enfin la faveur de la critique, qui lui reprochait jusqu'alors d'être « une mauvaise comédienne ». Le film retraçant la vie d'une courtisane déchue et ruinée, qui s'exhibe dans un cirque pour pouvoir survivre, est en revanche boudé par le public.

Martine Carol dans "Lola Montès".






Dès 1956 en effet, sa notoriété commence à être battue en brèche par l'étoile montante, Brigitte Bardot, aussi emblématique des années 1960 que Martine l'est des années 1950. Plus tard, le cinéma traditionnel qui a fait sa gloire est assassiné par la Nouvelle Vague. Atteinte de dépression, elle fait une consommation importante de médicaments et s'impose des cures d'amaigrissement draconiennes. Après une interruption de quatre ans et un nouveau mariage avec un homme d'affaires anglais, elle tourne son dernier film, Jugement à Prague en 1966. Peu de temps après le tournage, elle est retrouvée morte par son mari le 6 février 1967, à 2 h 30 du matin, dans sa chambre à l'hôtel de Paris à Monte-Carlo. On diagnostique une crise cardiaque. Des rumeurs de suicide circulèrent, sans confirmation.
Elle est inhumée une première fois au cimetière du Père-Lachaise à Paris, puis, après la profanation de sa tombe2, au cimetière du Grand Jas (carré no 3) à Cannes (Alpes-Maritimes).





L'actrice est inhumée à Paris, au cimetière du Père Lachaise. La presse, faisant preuve de son tact habituel, annonce qu'elle repose dans son plus beau vison, décorée de quelques bijoux somptueux. La tombe de la célèbre Caroline ne tarde pas à être profanée par quelquesindividus.
Elle est donc enterrée une seconde fois, à Cannes, au côté de son père, pour l’éternité.


Elle se maria quatre fois :
Josef Stephen dit Steve Crane, acteur et restaurateur américain, auparavant marié deux fois à Lana Turner. Mariage en 1948, divorce en 1953.
Christian-Jaque, cinéaste français. Mariage le 15 juillet 1954, divorce le 13 mai 1959.
André Rouveix, jeune médecin français rencontré à Fort-de-France. Mariage le 3 août 1959, divorce en 1962.
Thomas Eland, homme d'affaires anglais. Mariage le 8 février 1966.





Filmographie :


1941 : Le Dernier des six de Georges Lacombe (figuration)
1942 : Les Corrupteurs (court métrage) de Pierre Ramelot
1942 : Les Inconnus dans la maison de Henri Decoin : une spectatrice aux assises (non créditée)
1943 : La Ferme aux loups de Richard Pottier : Mickey
1945 : Bifur 3 de Maurice Cam : Germaine
1945 : L'Extravagante Mission de Henri Calef : Stella Star
1946 : Trente et quarante de Gilles Grangier : Madeleine
1947 : La Fleur de l'âge (film inachevé) de Marcel Carné
1947 : En êtes-vous bien sûr ? de Jacques Houssin : Jacqueline
1947 : Miroir de Raymond Lamy : Lulu
1947 : Voyage surprise de Pierre Prévert : Isabelle Grosbois
1947 : Carré de valets de André Berthomieu : Catherine
1948 : Les souvenirs ne sont pas à vendre de Robert Hennion : Sonia
1949 : Les Amants de Vérone de André Cayatte : Bettina Vardi
1949 : Je n'aime que toi de Pierre Montazel : Irène
1950 : Une nuit de noces de René Jayet : Sidonie de Valpurgis
1950 : Nous irons à Paris de Jean Boyer : elle-même
1950 : Méfiez-vous des blondes de André Hunebelle : Olga Schneider
1950 : Brune ou blonde (court métrage) de Jacques Garcia : elle-même
1951 : Caroline chérie de Richard Pottier : Caroline de Bièvre
1951 : Vedettes sans maquillage (court métrage) de Jacques Guillon : elle-même
1951 : Le Désir et l'Amour de Henri Decoin : Martine, la vedette
1952 : Les Belles de nuit de René Clair : Edmée de Villebois
1952 : Adorables Créatures de Christian-Jaque : Minouche
1953 : Un caprice de Caroline chérie de Jean Devaivre : Caroline de Sallanches
1953 : Lucrèce Borgia de Christian Jaque : Lucrèce Borgia
1954 : La Pensionnaire (La Spiaggia) de Alberto Lattuada : Anna-Maria Mentorsi
1954 : Destinées, sketch Lysistrata de Christian-Jaque : Lysistrata
1954 : Boum sur Paris de Maurice de Canonge : elle-même
1954 : Si Versailles m'était conté de Sacha Guitry : la duchesse de Bouillon (scène coupée au montage)
1954 : Madame du Barry de Christian-Jaque : Jeanne Bécu, dite Madame du Barry
1954 : Secrets d'alcôve, sketch Le Lit de la Pompadour de Jean Delannoy : Agnès de Rungis
1955 : Nana de Christian-Jaque : Nana
1955 : Les Carnets du major Thompson de Preston Sturges : Martine Thompson
1955 : Lola Montès de Max Ophüls : Lola Montès
1956 : Scandale à Milan (Diffendo il mio amore) de Giulio Macchi : Elisa Léonardi
1956 : Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Michael Anderson : la Parisienne de la gare du Nord
1957 : Au bord du volcan de Terence Young : Tracy Malvoisie
1957 : Nathalie de Christian-Jaque : Nathalie Princesse
1958 : Le Passager clandestin de Ralph Habib : Lotte
1959 : Tout près de Satan de Robert Aldrich : Margot Hofer
1959 : Les Noces vénitiennes de Alberto Cavalcanti : Isabelle de Santos
1959 : Nathalie, agent secret de Henri Decoin : Nathalie Princesse
1960 : Austerlitz de Abel Gance : Joséphine de Beauharnais
1960 : La Française et l'Amour (sketch La Femme seule) de Jean-Paul Le Chanois : Éliane Girard
1961 : Un soir sur la plage de Michel Boisrond : Georgina
1961 : Le cave se rebiffe de Gilles Grangier : Solange Mideau
1961 : Vanina Vanini de Roberto Rossellini : la comtesse Vitelleschi
1962 : En plein cirage de Georges Lautner : Katty
1962 : Les Don Juan de la Côte d'Azur de Vittorio Sala : Nadine Leblanc
1967 : Jugement à Prague ou L’enfer est vide de John Ainsworth et Bernard Knowles : Martine Grant.

Théâtre :

1940 : Phèdre (sous le pseudonyme de Maryse Arley)
1947 : Tobacco Road de Jack Kirkland, mise en scène Jean Darcante, théâtre de la Renaissance.




Sources : YouTube, Wikipédia, une partie de la biographie Céline Colassin, juin 2008, documents personnels, photos personnelles et glânées sur le net.






3 commentaires:

  1. Elle a longtemps fait croire qu'elle était de 1922 et sur sa tombe il est inscrit 1924...
    J'ai lu une biographie d'elle l'été passé (Georges Debot), je n'ai pas été séduit par le personnage. Il reste l'immortel "Lola Montès", si beau et si cruel...
    Merci.

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  2. Oui moi non plus je n'adhère pas beaucoup au personnage. J'ai aimé "Nana", et encore, j'aime plus d'autres versions, même en téléfilm. Merci.

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  3. Il est dommage de lire les commentaires cités précédemment. Martine Carol mérite et méritait mieux. Elle n'était pas parfaite, loin s'en faut. Elle était simplement et terriblement humaine.

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