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vendredi 4 janvier 2013

Marion DAVIES (1897 / 1961).

Marion Davies : "With me it was 5 per cent talent and 95 per cent publicity (En moi, il y avait 5% de talent et 95% de publicité)." (source Imdb).


Un brin Louise Brooks, un brin pantomime, femme enfant du cinéma à la moue carmin et boudeuse, Marion Davies s'est imposée comme l'une des plus grandes stars de son époque. Danseuse aux Ziegfeld Follies, elle se retrouve catapultée dans la machine infernale d'Hollywood par le seul caprice d'un homme, William Randolf Hearst, magnat de la presse qui repère en cette jeune fille de 19 ans le potentiel d'une star. Le piston fonctionne et la voici dans le rôle principal de 'Runaway Romany' en 1917. Hearst lui offre ensuite toute une série de films inconsistants auxquels adhère le public, charmé par ce nouveau visage d'ingénue : 'Cecilia and the Pink Roses', 'La Belle de New York', 'April Folly'. Mais l'arrivée du parlant dans les années 1920 plonge l'actrice du muet dans un profond désarroi : victime de bégaiement, elle apprend peu à peu à dompter ce défaut et triomphe au box-office dans des comédies musicales légères comme 'Marianne', 'Not so Dumb' et 'The Bachelor Father'. Bientôt, elle est la partenaire d'acteurs à l'avenir prometteur comme Clark Gable, Bing Crosby ou encore Gary Cooper.


Marion Cecilia Douras naît à Brooklyn, quartier de New York, le 3 janvier 1897. Elevée avec ses sœurs aînées, Rose, Reine et Ethel dans une ambition artistique, elle débute à Broadway en 1914 dans la comédie musicale «Chin Chin» et, plus tard, participe notamment aux Ziegfeld Follies.

Jolie blonde aux yeux clairs, pétillante de malice, Marion Davies se lance dans le cinéma avec le rôle principal de «La romanichelle» (1917), produit et réalisé par son beau-frère, George W. Lederer. Après ce premier essai, le puissant magnat de la presse William Randolph Hearst, dont elle est la maîtresse, charge sa propre compagnie cinématographique de produire les films de la jeune actrice. Elle accède directement au rang de vedette et on peut la voir dans, entre autres, «Cecilia of the pink roses» (1918) de Julius Steger, «Getting Mary married» (1919) de Allan Dwan, «The cinema murder» (1919) de Georges D. Baker, «April folly» (1920) de Robert Z. Leonard, «Enchantment» (1921) de Robert G. Vignola, etc. L’accueil réservé à ses prestations est alors variable.


Heureusement, en 1922, le grand succès de «Sur les marches du trône», une reconstitution historique où elle incarne une Mary Tudor belle et drôle, production qui figure parmi les meilleurs recettes de l’année, lui apporte une certaine légitimité et conforte considérablement son statut de star.

Marion Davies est par la suite l’interprète de, notamment, «Patricia» (1923) de Sidney Olcott, «Lights of Old Broadway» (1925) de Monta Bell, «Beverly of Graustark» (1926) de Sidney Franklin, «Tillie the toiler» (1927) de Hobart Henley, «Son fils avait raison» (1927) de Sam Wood, «C’est une gamine charmante» (1928), «Mirages» (1928) deux réalisations de King Vidor, «Marianne» (1929) de Robert Z. Leonard, «Dulcy» (1930) de King Vidor, «Le père célibataire» (1931), «It’s a wise child» (1931) tous deux de Leonard, «Blondie of the Follies» (1932) de Edmund Goulding, … Si Hearst la préfère dans les rôles dramatiques ou d’ingénues, c’est dans des comédies que son talent est le mieux mis en valeur.


Dès 1933, sa carrière commence à décliner. Marion Davies, à l’approche de la quarantaine, a perdu de sa fraîcheur et tient plusieurs rôles qui ne lui conviennent pas. Elle finit par se retirer en 1937. Quelques années plus tard, sa réputation sera entachée par «Citizen Kane» (1941), chef-d’œuvre de Orson Welles, biographie déguisée de William Randolph Hearst. En effet, alors qu’elle avait été une brillante et populaire comédienne, on l’identifiera bien injustement au personnage de Susan Alexander, la cantatrice sans talent incarnée par Dorothy Comingore.


Marion Davies reste aux côtés de Hearst, dont l’épouse officielle ne consentira jamais au divorce, jusqu’à la mort de celui-ci en 1951. Peu de temps après, elle épouse Horace G. Brown, un policier que l’on peut voir dans quelques films et se consacre essentiellement à des œuvres de bienfaisance. Elle décède à Hollywood le 22 septembre 1961, d’un cancer de la mâchoire. En 1993, à l’occasion du décès de Patricia Van Cleve Lake, que l’on avait toujours présenté comme la nièce de Marion, on apprendra qu’elle était en réalité la fille de la vedette et de son célèbre amant.


Filmographie.

    1917 : La Romanichelle (Runaway, Romany) : Romany
    1918 : Cecilia of the Pink Roses : Cecilia
    1918 : The Burden of Proof : Elaine Brooks
    1919 : The Belle of New York : Violet Gray
    1919 : Getting Mary Married : Mary
    1919 : The Dark Star : Rue Carew
    1919 : The Cinema Murder : Elizabeth Dalston
    1920 : April Folly : April Poole
    1920 : The Restless Sex : Stephanie Cleland
    1921 : Buried Treasure : Pauline Vandermuellen
    1921 : Enchantment : Ethel Hoyt
    1922 : Bride's Play : Enid of Cashel / Aileen Barrett
    1922 : Beauty's Worth : Prudence Cole
    1922 : La Vierge folle (The Young Diana) : Diana May
    1922 : When Knighthood Was in Flower : Mary Tudor
    1923 : Adam and Eva : Eva King
    1923 : Le Pèlerin (The Pilgrim) : Congregation Member
    1923 : Little Old New York : Patricia O'Day
    1924 : Yolanda : Princess Mary / Yolanda
    1924 : Janice Meredith : Janice Maredith
    1925 : Zander the Great : Mamie Smith
    1925 : Lights of Old Broadway : Fely / Anne
    1925 : Ben-Hur: A Tale of the Christ : Crowd extra in chariot race
    1926 : Beverly of Graustark : Beverly Calhoun
    1927 : The Red Mill : Tina
    1927 : Tillie the Toiler : Tillie Jones
    1927 : The Fair Co-Ed : Marion
    1927 : Quality Street : Phoebe Throssel
    1928 : The Five O'Clock Girl
    1928 : Une gamine charmante (The Patsy), de King Vidor : Patricia Harrington
    1928 : The Cardboard Lover : Sally
    1928 : Mirages (Show People), de King Vidor : Peggy Pepper / Herself
    1929 : Marianne : Marianne
    1929 : Marianne : Marianne 'Blondy
    1929 : Hollywood chante et danse (The Hollywood Revue of 1929) : Elle-même
    1930 : Not So Dumb : Dulcinea 'Dulcy' Parker
    1930 : The Florodora Girl (A Story of the Gay Nineties) : Daisy Dell
    1931 : The Bachelor Father : Antoinette 'Tony' Flagg
    1931 : It's a Wise Child : Joyce Stanton
    1931 : Five and Ten : Jennifer Rarick
    1932 : Polly of the Circus : Polly Fisher
    1932 : Blondie of the Follies : Blondie McClune
    1933 : Peg o' My Heart : Margaret 'Peg' O'Connell
    1933 : Au pays du rêve (Going Hollywood) : Sylvia Bruce
    1934 : L'Agent n° 13 (Operator 13), de Richard Boleslawski : Gail Loveless
    1935 : Page Miss Glory : Loretta Dalrymple, aka Miss Dawn Glory
    1936 : Hearts Divided : Elizabeth 'Betsy' Patterson
    1936 : Cain and Mabel : Mabel O'Dare
    1937 : Ever Since Eve : Miss Marjorie 'Marge' Winton, aka Sadie Day

comme productrice

    1919 : Getting Mary Married
    1927 : Quality Street
    1928 : The Cardboard Lover
    1929 : Marianne
    1930 : Not So Dumb
    1930 : The Florodora Girl (A Story of the Gay Nineties)
    1931 : The Bachelor Father
    1931 : It's a Wise Child
    1931 : Five and Ten
    1932 : Polly of the Circus
    1932 : Blondie of the Follies
    1935 : Page Miss Glory
    1936 : Hearts Divided

comme scénariste

    1917 : La Romanichelle (Runaway, Romany)

Sources:
-pour la biographie : Evène, Cineartistes.
-pour la filmographie : Wikipédia.
-pour la vidéo: YouTube.

3 commentaires:

  1. Hearst avait ordonné à chacun de ses nombreux journaux de citer la citer au moins une fois par jour... Welles a-t-il été injuste avec elle ? La cantatrice ne veut pas se produire sur scène, elle obéit à un caprice, comme Marion que Hearst voulait voir jouer des rôles dramatiques, "plus nobles". Elle était très vive dans son jeu. En fait, son problème ne serait-il pas le suivant : dans quel chef d'œuvre ou classique a-t-elle joué ? Que retenir de sa filmographie ?
    Merci.

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    1. Je pense qu'elle aurait été bien meilleure dans des comédies. Avec la vivacité qu'elle avait, elle aurait été géniale.

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    2. Je suis heureux, une vidéo hommage très réussie en l'honneur de la vivacité de Marion Davies a été repostée sur YT : http://youtu.be/JBkA2aSAYjM.

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